Le studio Gijs Van Vaerenbergh est basé à Louvain.
www.gijsvanvaerenbergh.com
Après leur formation en architecture, Pieterjan Gijs (Louvain, 1983) et Arnout Van Vaerenbergh (Louvain, 1983) ont développé une pratique collaborative et fondé le studio d’art et d’architecture Gijs Van Vaerenbergh. Depuis 2007, le duo mène un travail architectural en dialogue étroit avec les arts visuels et les pratiques sculpturales. Son œuvre se déploie à différentes échelles, de l’installation urbaine et du monument à la scénographie et à l’objet. Refusant toute catégorisation disciplinaire, Gijs Van Vaerenbergh associe rigueur architecturale et expérimentation formelle. Leurs réalisations accordent une place centrale à l’expérience du spectateur et à la relation entre l’œuvre et son environnement, affirmant une pratique où architecture, sculpture et espace se rencontrent.
Halo
aluminium doré
10 m (diam.)
2020
intégration de Gijs Van Vaerenbergh à l’église Sint-Odulphus, Graethempoort 5a, B-3840 Borgloon
En 2020, Gijs Van Vaerenbergh a été sollicité par l’église Sint-Odulphus à Borgloon durant sa rénovation pour concevoir une œuvre contemporaine qui entre en dialogue avec l’édifice patrimonial et sa fonction religieuse. En concertation avec les autorités flamandes en charge de la direction des monuments historiques ainsi qu’avec le consistoire de l’église, le duo d’architectes/artistes conçoit Halo. L’œuvre monumentale de quinze mètres de diamètre prend la forme d’un anneau en aluminium peint en doré qui entre en résonance avec les nuances des fresques religieuses restaurées.
La suspension de l’œuvre au-dessus de la croisée vise à préserver l’usage liturgique de l’espace. Elle se présente comme un geste sculptural autonome et délibérément minimal, dépourvu d’éléments fonctionnels, afin ne pas saturer l’espace déjà habité par une iconographie riche. L’intervention respecte également la symbolique et la spatialité du lieu, en veillant à ne pas obstruer les flux de circulation. Sa position centrale lui permet de plus de traverser et de relier visuellement les différents volumes de l’église (la nef, les bas-côtés, le transept et l’abside) mais sans jamais se donner à voir dans son intégralité. Glissant sous les arcs et autour des colonnes, l’auréole se recompose uniquement dans la perception du visiteur, générant une expérience spatiale fragmentée et dynamique.
La forme circulaire, choisie pour sa symbolique propre à la tradition catholique, renvoie aussi à des significations plus universelles telles que l’union et la continuité. Le cercle agit également comme un dispositif spatial. Dans un édifice aux volumes vastes et aujourd’hui peu fréquenté, Halo délimite un espace dans l’espace, créant une unité plus intime autour de l’autel et du célébrant.
L’œuvre a été réalisée en quatre segments assemblés sur place, soudés puis repeints afin d’effacer les traces des jointures et pour donner l’illusion d’une forme lisse et continue. Le montage de l’œuvre sur place a été rendu d’autant plus complexe que la rénovation de l’église prenait fin.
Achevée au moment de la réouverture de l’édifice, Halo révèle les lignes de force de l’édifice et propose une lecture contemporaine d’un espace de communion et de recueillement.
Marjorie Ranieri
Bibliographie sélective
- Gijs Van Vaerenbergh, Attempt to draw a perfect circle, in Overlap: The No Man’s Land between Art & Science, La Haye, 2020.
- Nuijsink, Cathelijne , Gijs Van Vaerenbergh. Cross Section, in Architecture Monogram, #1, 2017.
(c) : Gijs Van Vaerenbrgh / photo Johnny Umans