Pauline Debrichy
Charleroi, 1989
Pauline Debrichy travaille entre la Belgique et l’Autriche. Après des études d’architecture, elle fait un bachelor en sculpture à l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Anvers et un master à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne (Magistra der Kunst) où elle reçoit le prix d’appréciation du jury. Lauréate en 2014 d’une mention honorable au prix national de sculpture Mark Macken, elle a depuis été sélectionnée pour plusieurs prix artistiques belges. Active aussi à l’étranger, elle a participé à des résidences d’artistes internationales et a exposé en Europe et au Canada.
Passionnée par l’architecture et l’urbanisme, Pauline Debrichy conçoit des sculptures et des installations qui allient minimalisme et monumentalité. Elle y questionne la relation entre l’Homme et l’objet, se penche sur le concept d’espace, qu’il soit physique, symbolique ou territorial. Elle en explore les limites, réfléchit à l’impact qu’il a sur notre société, tant dans la perception de notre environnement que dans notre manière de l’organiser et même de le privatiser. Travaillant sur site, c’est la perception d’un lieu ou d’un territoire qui détermine la forme, voire l’essence même de l’oeuvre. Son regard est attiré par chaque détail architectural du quotidien incarnant les habitudes socioculturelles de notre société. Ses observations documentées avec le dessin ou la photographie, elle s’en inspire pour créer des oeuvres tridimensionnelles entre tentative d’apprivoisement et nouvelle lecture spatiale. L’artiste varie les échelles, allant de la petite sculpture de béton à l’image de maquettes évoquant des strates ou des vestiges de constructions imaginaires, jusqu’à la réalisation de grands formats. Inscrits dans une architecture, ils viennent refléter les motifs architecturaux, font écho aux proportions ou à l’histoire du lieu. Comme une invitation à interagir, on se voit scruter les surfaces des oeuvres, on se projette sur ses structures, on grimpe parfois et s’y perd. Les matériaux, généralement bruts, sont empruntés au secteur de la construction et sont choisis de manière pragmatique pour leurs propriétés. Les dimensions, le lieu de monstration ou la technique utilisée imposent une temporalité limitée. La conservation des oeuvres se voit fragilisée par leur état passager. Les travaux réalisés sont démontés, entreposés ou détruits. Parfois, ils renaissent sous d’autres formes…