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La vierge folle

Bronze,
h. 195, L. 135, l. 120 cm ,
1912

Si l’on se réfère à sa date de création, La vierge folle constitue le point initial de la collection du Musée en plein air du Sart Tilman. Elle est bien faite pour introduire, sur le mode jubilatoire, à un ensemble de sculptures du XXe siècle. A certains égards, et même s’il est mieux connu comme peintre, Wouters est en effet comparable à Rodin de L’homme qui marche ou de la statue de Balzac. La matière est laissée vibrante, vivante ; l’oeuvre se lance à la conquête du mouvement, défiant la pesanteur et pénétrant d’un même mouvement les trois dimensions de l’espace et le temps.

Inspiré d’un mouvement d’Isadora Duncan, que Nele pourtant malade, s’efforça de reproduire jusqu’à l’épuisement avant que Wouters lui-même s’attachât pendant cinq années à le traduire dans la matière, La vierge folle est donc d’abord apologie de la danse. Mais elle est aussi la meilleure et la plus triomphante allégorie de la sculpture. A ce titre, elle ne se fond pas dans l’ensemble sculptural du Sart Tilman : elle éclaire notre perception des autres oeuvres dans le domaine.

Elle fut offerte à l’Université de Liège par le docteur Désiré Jaumain, issu de sa faculté de médecine, qui inaugurait de la sorte une série de gestes de mécénat dont le musée put heureusement profiter à plusieurs reprises.

Yves Randaxhe

Rik Wouters

Malines, 21 août 1882 – Amsterdam, 11 juillet 1916

Fils d’un fabricant de meubles, Henry Wouters voit sa vocation de sculpteur s’éveiller au cours du soir de l’académie de Malines. Il complètera sa formation entre autres à l’Académie de Bruxelles dans l’atelier de Charles Van der Stappen, de 1900 à 1904.

Dans le milieu artistique de la capitale, il rencontre Nel, qu’il épousera en 1905 et qui sera l’un de ses principaux modèles, et fréquente Anne-Pierre de Kat, Jean Brusselmans et Edgard Tytgat. Admirateur de Paul Cézanne et de James Ensor, dont il sculptera un buste, il se consacre de plus en plus à la peinture à partir de 1908 et découvre la gravure. Invité par Octave Maus au salon de la “Libre Esthétique” de 1913, il bénéficie l’année suivante d’une unique exposition personnelle à Bruxelles.

La guerre le voit contraint, avec son régiment, de se replier sur les Pays-Bas, où il est emprisonné. Sur les instances de personnalités influentes auprès desquelles son oeuvre est prisée, dont Emile Verhaeren, il est libéré au printemps 1915. Atteint depuis plusieurs années d’un cancer à la face, il meurt à Amsterdam le 11 juillet 1916.

Malgré la brièveté de sa carrière, et en partie à cause d’elle, Rik Wouters reste l’une des personnalités les plus marquantes de l’art belge du début de ce siècle. Sculpteur de formation, il fut surtout un peintre original et lumineux, au ton cézannien. La catalogue de son oeuvre sculpté compte une cinquantaine de numéros, dont trois seulement de plus d’un mètre.