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Sortie de presse : Julie Bawin (dir.), « Starchitecture? », juin 2026
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Prix de la Jeune Sculpture 2026
Le Prix de la Jeune Sculpture de la Communauté française de Belgique est organisé depuis 1991. Depuis 1994, deux expositions ont lieu simultanément : les oeuvres de grand format et de plein air sont présentées au Musée d'art contemporain du Sart Tilman, les oeuvres de petit format et d'intérieur sont présentées à la Châtagneraie, Centre wallon d'Art contemporain à Flémalle. Les artistes sélectionnés sont âgés de moins de 40 ans et actifs en Wallonie et à Bruxelles. Le jury sélectionne un lauréat pour chacune des deux catégories.
Découvrez l’inventaire du MACPA sur Common Collections
COMMON COLLECTIONS est un réseau constitué à l’initiative de la Province de Liège, rassemblant seize institutions culturelles de Wallonie, de statut public et associatif. Le projet a pour but de rassembler au sein d’un espace numérique commun – et par conséquent de rendre accessible au plus grand nombre – les collections patrimoniales conservées par les différents partenaires, dont une partie seulement est exposée.
À partir de 2014, la Province de Liège a lancé un ambitieux projet d’informatisation de ses collections grâce à l’acquisition d’un logiciel professionnel dédié à cet usage. Initialement déployée au Musée de la Vie wallonne pour ses collections ethnographiques, cette solution a ensuite été étendue à l’ensemble du patrimoine artistique provincial, puis dès 2022 à d’autres partenaires à l’échelle régionale qui illustrent notamment les domaines technique, scientifique, archéologique ou encore historique. Cet ensemble compose aujourd’hui le réseau COMMON COLLECTIONS, auquel l’asbl Musées et Société en Wallonie est associée.
-> le site Common CollectionsAffinités atmosphériques : apprendre à sentir avec les lichens / Bruno Goosse, 2026
Des promenades lichéniques au Sart Tilman
Les lichens sont des organismes réceptifs à des qualités de l’air qui nous échappent. Ils sont également créateurs de formes que nous percevons. Considérés comme sujets, il peuvent donc jouer un rôle de traducteur indispensable à notre (a)perception de l’air. La projet artistique mené par Bruno Goosse en ce début d'année 2026 consiste à préparer une proposition de promenades lichéniques sur la colline du Sart Tilman, dont les parcours seront dessinés par les lichens accrochés aux arbres qui la peuplent, et par ceux qui se sont installés sur des arbres de Borgoumont (Stoumont), Dolhain (Limbourg) et Tombeux (Tinlot))… soit des lieux choisis pour avoir eu la réputation de bénéficier d’un air sain : sanatoriums et préventoriums y ayant été construits. Parcourir les chemins ainsi tracés par et avec les lichens offrira à celles et ceux qui s’y aventureront une expérience sensible des qualités de l’air d’un de ces lieux. L’hypersensibilité du lichen à l’atmosphère qui l’entoure en fait un révélateur des qualités de l’air invisibilisées par les limites de nos sens.Bruno Goosse a choisi d'arpenter le domaine du Sart Tilman pour y développer un projet relatif à la perception et à la restitution possible d'une donnée de l'environnement quotidien qui affecte chacun d'entre nous : quel air respirons-nous ? quelle est sa qualité ? Cette question n'est pas neuve. Déjà au 19e siècle et jusqu'au milieu du 20e siècle, dans une perspective hygiéniste, on choisissait de remédier à certaines affections de santé par l'hébergement des personnes atteintes dans des lieux réputés pour la qualité de leur air : cette époque où l’on soignait par l’air est aujourd'hui révolue. Ce type de soins a été absorbé dans la chimie, néanmoins il reste quelques ruines de ces lieux de cures d’air... qui deviennent des sites d'exploration urbaine, quand ils ne sont pas transformés, reconvertis ou carrément détruits. Les sanatoriums sont aujourd'hui tombés en désuétude, mais la question de la qualité de l'air reste entière.... Et c'est vrai qu'on ne respire pas partout le même air. En certains lieux, l’air est irrespirable. Les humains ne sont pas égaux face à la qualité de l’atmosphère qui les environne. Et l’air qu’iels respirent, invisible et inodore, a quelque chose d’insaisissable. Mais pas pour tous les vivants. Les observateurs de la vie sociale des lichens, lorsqu’ils oublièrent leur propension à tenter de les domestiquer en vue d’une quelconque culture (nul n’a pu contraindre telle famille à fréquenter telle autre), établirent que ces organismes symbiotiques se réunissent selon d’étonnantes et méconnues affinités atmosphériques (Nylander, 1866). Curieusement, cette analyse, concomitante à l’industrialisation, est restée jusqu’il y a peu un savoir de spécialiste en lichénologie. Les lichens se sont rendus perméables à la qualité de l’air, ils perçoivent une qualité qui échappe à la sensibilité humaine et même, pour une part, à la technicité de ses mesures. Pour peu qu’on ne l’envisage pas uniquement selon l’échelle de sa pureté, la qualité de l’air raconte quelque chose de l’environnement tel qu’il se modifie sous l’effet du capitalisme extractiviste mondialisé. Le projet de recherche de Bruno Goosse envisage de travailler avec les lichens pour produire avec eux et les scientifiques qui les étudient, une représentation de différentes atmosphères permettant de les comparer. Ni objets du savoir scientifique, ni objets de délectation esthétique, les lichens sont ici des sujets producteurs de savoirs et de formes. Leur nature implique de réévaluer le rôle dominant de certaines formes de savoir et de la vision au profit d’une autre perception, moins centralisée, moins « située » : suivre l’ordonnancement des colonies lichéniques pour se déplacer. Ces promenades sont envisagées comme savoir possible résultant du travail de collaboration : un savoir kinesthésique de l’atmosphère. Un répertoire des lichens d’un territoire source sera édifié afin de le comparer à un autre territoire. Si la cartographie s’avère possible, si son report sur un autre territoire l’est tout autant, alors les écarts et similitudes que la comparaison permettra seront une manière de donner forme à l’inégalité constatée face à l’accès à l’air et donc de l’inclure dans nos perceptions.
Après une phase de relevé des lichens et leur géolocalisation au Sart Tilman, Bruno Goosse proposera un dispositif permettant d’une part de s’orienter dans des itinéraires de promenades, mais aussi de visualiser en un coup d’oeil les formes des promenades produites. Par ailleurs le dispositif permettra également d’avoir quelques informations concernant les atmosphères sources, celles des sanatoriums de Borgoumont, Dolhain et Tombeux.
(... à suivre)
-> informations sur le site internet de Bruno Goosse
Ce projet est soutenu par le FRArt - Fonds de la Recherche en Art du F.N.R.S. photographies (c) Bruno Goosse
Brèves : restauration de « Métamorphose », de Francis Vaes (avril 2026)
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Adrien Tirtiaux – Prix Ianchelevici 2026
Le Prix Triennal Ianchelevici 2026 a été attribué à Adrien Tirtiaux pour son intégation Lignes de fuite à la prison de Haren.
Adrien Tirtiaux (Etterbeek, 1980) Vit et travaille à Anvers www.adrientirtiaux.eu Adrien Tirtiaux est ingénieur-architecte de formation et plasticien diplômé en 2008 de l’Akademie der Bildenden Künste de Vienne. Sa pratique artistique est contextuelle, répondant par des installations, des sculptures, des performances et des dessins aux situations dans lesquelles il est invité à intervenir. L’intégration à l’architecture et à l’espace public constitue un prolongement « naturel » de sa pratique. Il est, ces dernières années, intervenu à Maaseik (Echoes of a Landscape, 2025), à Lokeren (Aggregation, 2024), à Bruges (Under the Carpet, 2024) et à Louvain-la-Neuve (Helix # Objectif Terre, 2022).
Lignes de fuite 10 peintures murales à l’acrylique 2 x 485x965 cm ; 6 x 370x700 cm ; 2 x 218x122 cm 2022 intégration d’Adrien Tirtiaux à la prison de Haren (rue du Witloof, 135, B-1130 Haren) Exécution : Art Mural asbl Lignes de fuite fait partie du Quasi Museum, une collection d’intégrations plastiques au sein de la prison de Haren, sous commissariat de Ief Spincemaille et Anouk Focquier. L’objectif est d’explorer les potentialités des pratiques artistiques contemporaines dans le milieu carcéral. Il ne s’agit pas seulement de recherches esthétiques, mais aussi — et peut-être surtout — de questionnements conceptuels et éthiques. « Avec le Quasi Museum, nous essayons d’inscrire les structures et la logique d’un musée dans l’architecture et les systèmes invisibles d’une prison : ses rythmes, ses relations et ses logiques d’inclusion et d’exclusion, expliquent les commissaires. Nous avons invité des artistes à développer des œuvres permanentes qui ne sont pas simplement installées dans la prison, mais plutôt entremêlées à celle-ci. Nous organisons des visites guidées, destinées aussi bien aux personnes à l’intérieur qu’à l’extérieur de la prison, à travers la collection d’œuvres des 12 artistes. Comme certaines pièces se trouvent à l’intérieur du périmètre et d’autres à l’extérieur, tout le monde ne voit pas le même musée. Que signifie créer pour un public aussi restreint ? Quel type de réception, de résistance ou de résonance l’art peut-il générer derrière les murs ? Mais aussi, que signifie pour un public extérieur de ne pouvoir voir qu’une partie de la collection ? Le Quasi Museum interroge également la manière dont un tel lieu positionne ses voisins. Que signifie, socialement et psychologiquement, coexister avec une nouvelle prison dans son jardin ? Comment l’art peut-il arbitrer, compliquer ou rendre lisible cette proximité inconfortable ? » Adrien Tirtiaux a saisi deux des aspects pourtant difficilement conciliables de ce programme. Son intervention se trouve en effet intriquée au contexte carcéral mais elle crée aussi un dialogue avec son environnement extérieur. Ainsi Lignes de fuite s’adresse-t-elle tant aux usagers de la prison qu’à ceux de l’espace public environnant. L’œuvre est composée d’une série de 10 peintures murales, directement exécutées sur l’enceinte en béton qui ceinture la prison de Haren. Leur localisation deux par deux constitue le premier élément de compréhension de l’ensemble. Cinq d’entre elles sont peintes sur la face intérieure du mur, dans le prolongement des rues de ce que les urbanistes du centre pénitentiaire appellent le parc central. Les cinq autres « regardent » vers la cité depuis l’exact verso de la paroi. Cette conception en binôme dicte par ailleurs l’iconographie de l’ensemble : ce sont des paysages qui fonctionnent comme autant de fenêtres donnant à voir « l’autre côté » depuis la prison et depuis la ville. Les peintures de Lignes de fuite sont assimilables à la pratique académique du trompe-l’œil architectural. Elles rendent une version de la réalité derrière le mur suivant une vision idéalisée tant sur le fond que dans la forme. Aucune clôture ne barre la vue. Les arbres sont toujours verts. Règne un calme qu’aucune présence humaine ne vient perturber. La perception des espaces est encore magnifiée par les choix plastiques de l’exécution. Adrien Tirtiaux a travaillé dans le style de la Ligne Claire bien connu des amateurs de bandes dessinées, en particulier ceux du Journal de Tintin puisque Hergé en est le principal représentant. Le trait est rigoureux, constant, simple. Les couleurs sont appliquées en aplat, sans demi-teinte ni effets d’ombre et de lumière. À s’attarder sur l’observation de l’ensemble, on relèvera qu’Adrien Tirtiaux a donné à ses images des sensibilités appropriées à la position du regardeur. Depuis la ville, elles montrent des vues du village pénitentiaire ; ce sont des espaces déserts et froids mais surtout circonscrits. Pour ceux qui les observent de l’intérieur, les fenêtres ouvrent des vues diversifiées, en particulier sur le parc de Haren, et invitent le regard à se disperser. Elles cadrent des éléments banals : un tunnel, une plaine de jeux, un petit lotissement, une colline verte ou encore le centre de Diegem. C’est la vie quotidienne et l’imaginaire peut s’y évader. Cette dernière propriété confère à Lignes des fuites une puissance narrative. Adrien Tirtiaux explique que, contrairement aux peintures de cases de bande dessinée exécutées avec plus ou moins de bonheur dans le centre de Bruxelles, les protagonistes ne sont pas dans l’image qui n’est qu’un décor ; ils la regardent. Pierre Henrion
Bibliographie sélective
- Henrion, Pierre, Adrien Tirtiaux. Plus près de toi, in Art Public Liège, catalogue de l’exposition, Liège, du 1er août au 31 octobre 2020, p. 71 à 74.
- Tirtiaux, Adrien, Urban Matters, Vienne, 2019.
- Tirtiaux, Adrien, Collective Rules, Eupen, 2015.
Higher and Higher bois, vis, arbre mort 10x3,2x2,5 m (env.) 2022 oeuvre temporaire d’Adrien Tirtiaux dans le Lantz'scher Park à Lohauser Dorfstraße (Stadtbezirk 5,D-40474 Düsseldorf) Adrien Tirtiaux a imaginé pour le Lantz'scher Park à Düsseldorf une structure en bois qui se développe en spirale autour d’un arbre mort. Comme des centaines d’autres dans le parc, cet arbre était mort suite aux dégâts provoqués par des rongeurs. Les responsables du parc ont fait replanter plus de 4 500 arbres ces dernières années ; on a taillé et élagué les arbres morts pour les sécuriser et en faire des refuges pour la faune d’insectes et d’oiseaux. L’intervention d’Adrien Tirtiaux est de nature architecturale ; la structure en bois a l’allure d’une tour qui permet aux promeneurs de « grimper » entre les branches de l’arbre mort, et d’éprouver l’effet synesthésique de la croissance du végétal : la structure en bois, massive à sa base, s’allège en gagnant de la hauteur et mène à une échelle qui semble reliée au ciel. Outre les folies et fabriques des parcs et jardins des XVIIIe et XIXe siècles, l’oeuvre d’Adrien Tirtiaux est aussi une allusion à la Tour Tatline : le monument à la Troisième-Internationale conçu par l’artiste et architecte russe Vladimir Tatline au début des années 1920. La réminiscence est plus que formelle : la tour projetée par Tatline avait pour ambition d’être à la fois une métaphore et un acteur de la dynamique engendrée par le communisme, dans une perspective d’intégration totale de l’action révolutionnaire dans l’ordre de la nature et du cosmos ; l’échelle de Tirtiaux semble plus modeste… mais sa visée place l’utopie à une distance vraisemblablement plus tangible : en arpentant le parc de Lantz, le promeneur se voit offrir la possibilité d’éprouver physiquement les liens profonds du vivant, du végétal à l’animal, de l’arbre, des insectes, des oiseaux et des humains appelés à vivre ensemble. Jean Housen
Bibliographie sélective
- Tirtiaux, Adrien, Things design themselves, Anvers, 2013.
- Tirtiaux, Adrien et Vervoort, Stefaan, Space is Time, Esslingen am Neckar, 2014.
- Tirtiaux, Adrien et Vissault, Maïté, Collective Rules, Eupen, 2015.
- Tirtiaux, Adrien et Weyns, Sara, Urban Matters, Anvers, 2018.
>> PRIX TRIENNAL IANCHELEVICI - 2026
Eva Moulaert & Pieter et Robin Vermeersch – Prix Ianchelevici 2026
Sans titre céramique 2024 intégration de Robin Vermeersch et de Dear Reader (Eva Moulaert), au Théâtre Le Vilar (place Rabelais, 51, B-Louvain-la-Neuve) en collaboration avec le bureau Ouest Architecture Sans Titre peinture 2024 intervention de Pieter Vermeersch au Théâtre Le Vilar (place Rabelais, 51, B-Louvain-la-Neuve) en collaboration avec le bureau Ouest Architecture Après plus de 40 ans d’activité, le théâtre Le Vilar situé à Louvain-la-Neuve a bénéficié d’une rénovation complète estimée à neuf millions d’euros. À l’issue d’un concours organisé par l’Atelier Théâtre Jean Vilar asbl, en partenariat avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’UCLouvain, la Province du Brabant wallon et la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, la transformation du bâtiment a été confiée au bureau bruxellois Ouest Architecture. La proposition d’Ouest Architecture a permis de résoudre des contraintes techniques précises tout en tirant parti de la spécificité structurelle du bâtiment et en proposant une lecture sensible du contexte historique. Les équipements techniques et les conditions d’accès ont significativement été améliorés. La livraison des décors s’effectuait par exemple auparavant par un monte-charge situé sous le théâtre, ce qui rendait la circulation et l’organisation des espaces particulièrement complexes. La hauteur de scène a aussi été augmentée sans modifier significativement le volume existant. Cette stratégie a également permis de réorganiser l’ensemble des flux logistiques en sous-sol et d’ouvrir davantage le théâtre vers la Place Rabelais, par la création de nouvelles entrées et d’un foyer accessible indépendamment du reste du bâtiment. Enfin, pour préserver une continuité matérielle avec l’existant, la brique claire initiale s’est vue complétée par une nouvelle brique rouge tandis que les espaces hors de salle de spectacle ont été déclinés dans les tons de rouges, roses et blancs, assurant une cohérence visuelle avec le bâti existant. Le cahier des charges du concours prévoyait également l’association d’un ou de plusieurs artistes dès l’origine du projet, tant pour la signalétique que pour la présence d’une œuvre plastique, afin de garantir une intégration spatiale et architecturale harmonieuse. Dans ce cadre, Ouest Architecture a fait appel à Eva Moulaert (studio Dear Reader), avec qui il avait déjà collaboré pour la signalétique du Théâtre du Rideau à Bruxelles, ainsi qu’aux frères Vermeersch. Robin Vermeersch et Eva Moulaert ont d’une part développé un dispositif de signalétique en céramique qui se déploie à plusieurs endroits du théâtre. Celui-ci repose sur un ensemble de carreaux en relief, modulables et assemblables pour composer des lettres, des mots, des flèches ou des motifs graphiques. Le texte y est envisagé comme une matière plastique à part entière, une écriture qui se lit autant qu’elle se voit. Après une longue phase d’expérimentations, notamment lors d’une résidence au European Ceramic Work Centre (EKWC), le dispositif s’est stabilisé autour de carreaux blancs en relief, au format standard de 14×14 cm. Le recours à une palette monochrome et à des lettres capitales garantit la lisibilité du dispositif, tandis que l’alternance avec des carreaux plats participe à la maîtrise des coûts de production. Enfin, les artistes ont introduit des motifs abstraits, non fonctionnels inspirés et générés à partir de photographies sous-marines. Ces compositions suggèrent l’univers souterrain de Louvain-la-Neuve et évoquent la sensation d’un regard immergé dans un univers aquatique. Réparties sur six murs et couvrant une surface totale de 118 m², ces interventions prolongent la signalétique en la transformant en une expérience spatiale plus large. Pieter Vermeersch est d’autre part intervenu sur la façade extérieure sud du bâtiment. Sa proposition picturale minimale est fondée sur un dégradé chromatique allant progressivement de 0 % à 100 % et qui reprend la couleur moyenne des briques du registre supérieur de la façade. Ce procédé assure une continuité visuelle avec le bâti existant. À l’inverse, le blanc, en se détachant progressivement, accentue l’angle du bâtiment et introduit une tension formelle qui attire le regard. L’usage de cette technique permet à l’œuvre d’agir comme une interface sensible entre l’architecture du théâtre et son environnement urbain. La surface semble perdre sa densité pour devenir un plan ouvert, presque immatériel. Cette altération perceptive produit une illusion spatiale qui évoque un seuil, un vide potentiel, faisant écho à l’idée même de la scène théâtrale : un espace en attente d’activation et d’interprétation. Marjorie Ranieri
Bibliographie sélective
- Pieter Vermeersh, Paris, 2015.
- Küng, Moritz, Geers, Kersten, Piron, François et Dieter Roelstraet, Pieter Vermeersch : Variations, Bruxelles, Ludion, 2019.
- Smets Francis, Steverlynck Sam, Famille Vermeersch : Jos Vermeersch, ses trois enfants Pol, Rik et Vera Vermeersch et ses quatre petits-enfants Lowie, Pieter, Robin et Tinus Vermeersch, Anvers, 2010.
- Strauven, Iwan, Urban Legend, Bruxelles, 2025.